Les règles du wakesurf sur le Léman
Ce que dit le règlement de la navigation, pourquoi la règle des 300 mètres est une bonne nouvelle pour les riders, et ce qui change d'un canton à l'autre.
Le wakesurf est libre sur le Léman, mais encadré. Les règles ci-dessous viennent du Règlement de la navigation sur le Léman et des dispositions cantonales qui s'y ajoutent. Elles sont simples, et la plupart tombent sous le sens une fois qu'on a compris pourquoi elles existent.
300 mètres des rives
C'est la règle principale : la traction — ski nautique, wakeboard, wakesurf, engins tractés — n'est autorisée qu'à 300 mètres au moins des rives. Dans la bande des 300 mètres, la navigation reste possible mais la vitesse y est limitée à 10 km/h, et on n'y ride pas.
Cette règle protège les baigneurs, les roselières et les pêcheurs. Mais elle sert aussi les riders, et c'est ce qu'on oublie : au large, l'eau est bien plus lisse. Les vagues de rive, les réflexions sur les pontons et le clapot renvoyé par les berges disparaissent. La vague du bateau y est plus propre qu'à cent mètres du bord.
50 mètres des autres bateaux et des baigneurs
Le bateau tracteur, le rider et les engins tractés doivent se tenir à 50 mètres au moins de tout autre bateau et de tout baigneur. En pratique, cela veut dire que lorsque deux bateaux de wake se croisent au large, chacun ouvre son arc de virage — et que le rider à l'eau, après une chute, est la personne la plus vulnérable du lac. Un rider tombé est bas sur l'eau et presque invisible à cent mètres.
De jour seulement, de 8 h à 21 h
La traction n'est autorisée que de jour et par bonne visibilité, au plus tôt dès 8 heures et jusqu'à 21 heures au plus tard. C'est la raison pour laquelle les créneaux du soir s'arrêtent tôt en septembre : ce n'est pas la lumière qui décide, c'est l'heure.
Le paradoxe est que les deux meilleures fenêtres pour rider — juste après 8 heures et en fin de journée — sont aussi celles où le lac est le plus plat. La contrainte et l'optimum coïncident.
Une personne de surveillance à bord
Le pilote ne suffit pas. Une deuxième personne doit être à bord, chargée de la remorque et de la surveillance des personnes tractées. C'est elle qui voit la chute, qui garde le rider à vue pendant que le bateau fait demi-tour, et qui lève le bras pour signaler aux autres bateaux qu'il y a quelqu'un à l'eau.
Ce n'est pas une formalité administrative : c'est la mesure de sécurité la plus efficace du lot. Un pilote seul regarde devant lui ; personne ne regarde derrière.
Deux riders au maximum
On ne tracte pas plus de deux personnes simultanément. La corde ne doit être ni élastique, ni traînée à vide derrière le bateau.
Ce qui change d'un canton à l'autre
Le règlement du Léman s'applique à tout le lac, mais chaque canton riverain ajoute ses propres zones. Genève, par exemple, interdit la traction dans toute la rade en aval d'une ligne allant de la digue du Port-Noir au débarcadère de la Perle-du-Lac. D'autres secteurs sont réservés ou interdits selon la saison, notamment près des réserves naturelles.
La règle de conduite est donc simple : vérifier la carte des zones avant de sortir dans un secteur qu'on ne connaît pas, auprès du service de la navigation du canton concerné. Au départ de Crans-près-Céligny, on ride au large entre Céligny et Coppet, en eaux vaudoises.
Et le bruit ?
C'est le point qui fâche sur le Léman, et il vaut mieux le prendre au sérieux. Un bateau de wake en configuration surf est lourdement ballasté et tourne à bas régime : il est moins bruyant qu'un hors-bord lancé, mais il passe plus longtemps au même endroit. Les tensions avec les pêcheurs et les riverains viennent presque toujours de là, pas de la vitesse.
Deux habitudes règlent l'essentiel : ne pas faire de boucles au même endroit pendant une heure, et s'éloigner franchement des zones de pêche et des rives habitées plutôt que de s'en tenir au minimum légal. Les 300 mètres sont un plancher, pas un objectif.
Les sources
Règlement de la navigation sur le Léman (RS 0.747.221.11) ; dispositions cantonales vaudoises et genevoises sur le ski nautique et les engins tractés. En cas de doute sur une zone ou une période, le service de la navigation du canton concerné répond vite et c'est gratuit.
Crans Wake est une association sans but lucratif : on sort avec notre propre matériel, on partage les frais, et on applique ces règles parce qu'elles sont ce qui permet au wakesurf de rester toléré sur ce lac. Voir aussi les questions fréquentes et le bateau.
Le lac est plat ce soir.
Les créneaux de fin de journée partent en premier, surtout de mai à août. La réservation prend deux minutes et la confirmation arrive immédiatement.
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